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Quelques heures avant la décision de libération de Santos, Pape Diouf interviewé par Canal Plus, expliquait, de façon détaillée, le déroulement de cette affaire. Stupéfait, le journaliste, qui semblait découvrir la sordide réalité, demandait à Pape comment il expliquait une telle ignominie en s’exclamant : « Mais enfin l’Espagne ce n’est pas la Corée du Nord ». Voire !

Mon expérience personnelle m’a fait toucher du doigt le fait que la démocratie ne se résume pas à organiser des élections pluralistes. Beaucoup de pays dans le monde le font sans ressembler, ni de près ni de loin, à des démocraties.

Je ne voudrais pas paraître pompeux, mais la démocratie c’est d’abord le respect des droits de l’homme et la protection du citoyen contre l’Etat lui-même et les abus pouvant provenir de ses bras séculiers : La Police et la Justice.

Qu’avons-nous vu en Espagne ? Une charge sauvage de la Police contre des spectateurs pacifiques et sans défense, sous le prétexte fallacieux d’une bâche prétendument raciste des Ultras. Fallacieux, bien sûr, parce que les exactions de la Police ont commencé bien avant le match, lors de l’arrivée des marseillais au stade et se sont poursuivies après celui-ci, alors que ceux-ci avaient déjà regagné leurs cars.

Dans n’importe quel pays démocratique, une enquête aurait été ouverte sur ces agissements policiers et des sanctions sévères prononcées.

En Espagne, ces faits ont reçu l’approbation publique du ministre de l’Intérieur, du ministre de la « Justice » et même du Premier Ministre. Cherchez l’erreur « démocratique » !

Ces personnages se sont, au surplus, totalement déconsidérés en faisant pression sur l’UEFA pour éviter des sanctions à l’Atlético. Imagine-t-on, de pareilles interventions dans un autre pays européen à propos d’un simple match de football ? Décidément nationalisme et démocratie ne font pas bon ménage.

Mais le pire, que l’on croyait impossible, était à venir.

Après une garde à vue, sur laquelle Santos ne s’est pas trop étendu, de peur de représailles sans doute, mais que l’on sait très violente, une incarcération sans délai légal pour être présenté à un juge et sans que Santos ait pu être entendu au fond pour s’expliquer sur les faits qui lui étaient reprochés. Puis les réquisitions hallucinantes d’un procureur : Huit ans requis, la peine prononcée contre Bertrand Cantat, leader de Noir Désir, pour avoir assassiné sa compagne Marie Trintignant !

Et le bouquet final, un jugement prononçant une « peine » de trois ans et demi de prison. Motifs : Vous êtes, personnellement, innocent des faits qui vous sont reprochés, mais vous faisiez partie d’un groupe lors d’incidents ayant troublé l’ordre public. Cela signifie que si les policiers espagnols avaient pu interpeller les 1.000 supporters marseillais, c’est à une condamnation totale de 3.600 ans de prison que l’on aurait assisté !

Davantage, un des fondements de la responsabilité pénale dans tout Etat démocratique est la responsabilité individuelle : Vous ne pouvez être poursuivi et condamné que pour un fait que vous avez personnellement commis. Ce jugement dit, exactement, le contraire.

La parodie de justice continuant, ce qui était vrai le Vendredi est devenu caduque le Mardi et, cela, par la même juge. Les trois ans et demi se sont transformés en trois jours et demi.

Au final que constate-t-on ? Une justice et un gouvernement aux ordres de la Police, et une justice aux ordres du gouvernement, une législation pénale indigne d’un pays démocratique.

Bien sûr, L’Espagne n’est pas la Corée du Nord, mais le chemin vers la démocratie est encore long pour elle.

Maître Panisse

P.S : Toujours dans le même sens :
Dans le quotidien du sport, nous apprenons que Sergio Ramos, joueur du Real Madrid a écopé de 6.000 € (Tiens, tiens) d’amende pour avoir agressé un journaliste et lui avoir cassé le nez. Il était, pourtant en bande, lui aussi, puisque deux autres joueurs étaient avec lui. On remarquera qu’il n’a jamais été incarcéré et que la justice espagnole a pris son temps, puisque les faits remontent au 19 juillet dernier. Peut être, finalement que les espagnols savent ce qu’est une justice normale, mais qu’ils réservent cela à leurs compatriotes.

P.S encore : Qui n’a rien à voir :
Nous venons d’apprendre la fin de la mission de Louis Acariès à l’OM. Maintenant qu’elle est finie, on pourrait nous dire en quoi elle consistait.

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